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La guerre de l'indépendance en Amérique jusqu'à 1783 ...

La guerre de l'in­dé­pen­dance en Amérique jusqu'à 1783 ...

Auguste Moireau

L'indépendance américaine jusqu'en 1783

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Description

Au printemps 1775, dans la campagne du Massachusetts, quelques centaines de miliciens mal équipés tiennent tête aux colonnes de l'armée britannique sur la route de Concord. Ce ne sont pas des soldats de métier. Ce sont des fermiers, des artisans, des hommes qui, quelques mois plus tôt, se seraient dits sujets fidèles du roi George III. Ce jour-là, ils tirent sur les troupes de la première puissance militaire du monde. Et ils ne reculent pas.

C'est ce moment, et les huit années qui suivent, qu'Auguste Moireau raconte dans son récit de la guerre d'indépendance jusqu'à 1783. Son fil n'est pas idéologique : il est militaire. On suit les campagnes, les hivers terribles, les retraites, les sièges, les généraux qui doutent, les armées qui fondent faute de solde. Car derrière les grands principes, l'indépendance s'est jouée sur des champs de bataille, avec de la poudre mouillée et des troupes affamées — et elle a failli être perdue plus d'une fois.

Ce qui frappe, à relire cette guerre, c'est à quel point rien n'était écrit. Un groupe de colonies divisées, sans trésor, sans flotte, sans armée permanente, finit par arracher sa souveraineté à l'Empire britannique. Comment un tel renversement a-t-il été possible, et à quel prix ?

La question que l’on se pose : Comment des colonies désunies et sans armée véritable ont-elles pu, en huit ans, arracher leur indépendance à la première puissance du monde ?Ce que l’on va voir : Le parcours d'une rébellion fiscale devenue guerre, de ses premières défaites au basculement décisif, jusqu'au traité qui donne naissance à un pays.

Sommaire

01

Chapitre 1 — Une colère fiscale qui tourne à la rupture

Tout commence par une question d'argent. La guerre de Sept Ans, achevée en 1763, a laissé Londres couvert de dettes. Pour renflouer les caisses, le Parlement décide de faire payer les colonies américaines, jusque-là largement laissées à elles-mêmes. Le Stamp Act de 1765 taxe les documents imprimés, les journaux, les actes notariés. Les colons protestent, non pas tant contre le montant que contre le principe : on les taxe sans qu'ils soient représentés au Parlement. La formule fait le tour des treize colonies — pas d'imposition sans représentation.

Moireau insiste sur ce glissement lent. Les Américains ne veulent pas, au départ, se séparer de la couronne. Ils réclament les droits d'Anglais, ceux que la métropole accorde à ses propres sujets. Mais chaque mesure de Londres durcit le camp d'en face. Les droits Townshend de 1767 sur le thé, le verre, le papier relancent le boycott des marchandises anglaises. En 1770, une rixe à Boston tourne au bain de sang : cinq colons tombent sous les balles des soldats. L'épisode, baptisé massacre de Boston, nourrit une colère que les pamphlétaires entretiennent et que les comités de correspondance propagent de colonie en colonie.

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02

Chapitre 2 — 1776 — la déclaration et les premières défaites

Le Congrès confie le commandement de l'armée continentale à George Washington, planteur virginien dont l'autorité tranquille rassure plus que ses talents tactiques. Sa première réussite est presque un miracle d'organisation : en mars 1776, il fait installer sur les hauteurs de Dorchester les canons pris au fort Ticonderoga et traînés à travers la neige, puis contraint les Britanniques à évacuer Boston sans combat. Le moral monte. Le 4 juillet 1776, le Congrès adopte la Déclaration d'indépendance, rédigée pour l'essentiel par Thomas Jefferson. La rupture est désormais officielle, et irréversible.

Mais la proclamation ne gagne pas les batailles. L'été 1776, les Britanniques débarquent une armée considérable près de New York, appuyée par une flotte puissante et par des régiments de mercenaires allemands loués aux princes de Hesse. Washington est battu à Long Island, manque d'être encerclé, et ne sauve ses troupes que par une retraite nocturne à travers l'East River, à la faveur du brouillard. New York tombe. L'automne est une suite de reculs : l'armée continentale, mal équipée, fond à mesure que les engagements expirent et que les désertions se multiplient. À la fin de l'année, elle semble près de se dissoudre.

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03

Chapitre 3 — Saratoga, l'alliance française et le basculement

En 1777, Londres croit tenir son plan gagnant : couper la Nouvelle-Angleterre du reste des colonies en faisant descendre une armée depuis le Canada le long de l'Hudson. Le général Burgoyne s'enfonce vers le sud, mais l'intendance suit mal, les forêts ralentissent la colonne, les milices américaines harcèlent sa progression, et la jonction prévue avec les autres colonnes n'a pas lieu. Encerclé, à bout de vivres, Burgoyne capitule à Saratoga en octobre 1777 avec toute son armée. C'est la première grande victoire américaine sur le terrain, et la première reddition d'une armée britannique entière.

L'onde de choc est surtout diplomatique. À Paris, Benjamin Franklin négocie depuis des mois le soutien de la France, qui n'a pas digéré la défaite de 1763 et guette l'occasion d'affaiblir l'Angleterre. Saratoga lève les derniers doutes de Versailles : une armée britannique s'est rendue, la cause américaine est crédible, le pari devient raisonnable. En février 1778, la France signe une alliance ouverte avec les insurgés. Elle apporte de l'argent, des armes, des officiers — et surtout une flotte capable de disputer aux Britanniques la maîtrise des mers, sans laquelle rien de décisif n'était possible.

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04

Chapitre 4 — Yorktown et la paix de 1783

La campagne du Sud paraît d'abord tourner à l'avantage de Londres. Après la chute de Charleston en 1780, le général Cornwallis bat les Américains à plusieurs reprises, notamment à Camden. Mais il s'épuise à poursuivre des adversaires insaisissables, menés notamment par Nathanael Greene, qui refusent la bataille rangée et usent ses forces en harcèlements et en marches sans fin. Chaque victoire britannique coûte des hommes impossibles à remplacer dans un pays hostile. Cornwallis finit par se replier vers la côte de Virginie, à Yorktown, pour s'y faire ravitailler et renforcer par mer.

C'est l'erreur fatale. À l'automne 1781, Washington et le corps français du comte de Rochambeau quittent discrètement les abords de New York, descendent rapidement du Nord et verrouillent Yorktown côté terre. Au même moment, la flotte de l'amiral de Grasse, venue des Antilles, écarte la marine britannique à la bataille de la baie de Chesapeake et coupe toute possibilité de secours ou d'évacuation par la mer. Pris au piège, pilonné jour et nuit, Cornwallis capitule le 19 octobre 1781 avec plusieurs milliers d'hommes. La conjonction de l'armée américaine et de la puissance navale française a scellé le sort de la guerre.

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05

Conclusion

De la fusillade de Lexington au traité de Paris, huit années séparent une émeute fiscale d'un État reconnu. Entre les deux, le récit de Moireau laisse une impression tenace : cette indépendance s'est jouée moins sur de grandes batailles rangées que sur la capacité d'une armée pauvre à ne pas disparaître, et sur l'entrée décisive de la France dans un conflit que les colons seuls n'auraient sans doute pas pu gagner. Saratoga a convaincu Versailles, Yorktown a terrassé Londres, et c'est à Paris, loin des champs de bataille, que la guerre s'est conclue.

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