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J'ai dit oui !

J'ai dit oui !

Éric Dupond-Moretti

Un avocat devenu garde des Sceaux

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Description

Le 6 juillet 2020, Éric Dupond-Moretti reçoit un coup de téléphone qui va faire grincer des dents dans une bonne partie du monde judiciaire. On lui propose le ministère de la Justice. L'homme a soixante ans, une réputation d'avocat redoutable, plus de cent quarante acquittements à son tableau, et une inimitié solide avec une partie des magistrats qu'il a passé sa carrière à affronter en salle d'audience. Quelques heures plus tard, il franchit la porte de l'Élysée et accepte. Place Vendôme, l'annonce tombe comme une provocation : on nomme garde des Sceaux celui qui, la veille encore, défendait les prévenus contre l'État qu'il va désormais représenter.

Dans J'ai dit oui !, Dupond-Moretti raconte ce basculement de l'intérieur. Pas le récit lisse d'un homme politique installé, mais celui d'un pénaliste arraché à son métier, catapulté dans une machine qu'il croyait connaître et qu'il découvre de l'autre côté du miroir. Le ténor du barreau qui tutoyait les jurés se retrouve à répondre devant l'Assemblée, à gérer des grèves, à porter des réformes, et à se défendre lui-même devant une juridiction d'exception. Le titre dit la décision ; le livre dit ce qu'elle a coûté.

Ce qui traverse le récit, c'est une tension simple et têtue. Un homme a construit sa vie contre une certaine idée de la justice, celle qui condamne trop vite, qui présume la culpabilité, qui se croit infaillible. Puis on lui confie les clés de cette justice-là. Comment reste-t-on fidèle à ses convictions quand on passe du banc de la défense au sommet de l'institution qu'on critiquait ?

La question que l’on se pose : Que devient un avocat quand on lui demande de diriger la justice qu'il a combattue toute sa vie ?Ce que l’on va voir : Le récit d'un basculement, d'un métier abandonné à contrecœur, et d'une certaine idée de la justice qu'un homme emporte avec lui en changeant de camp.

Sommaire

01

Chapitre 1 — Un coup de fil un dimanche de juillet

En juillet 2020, Éric Dupond-Moretti n'est pas un homme en quête d'un poste. Il a derrière lui quarante ans de barreau, une notoriété nationale forgée dans les procès d'assises, et un surnom, « Acquittator », qui résume une carrière entière passée à faire tomber des accusations. Il vient tout juste de se lancer dans un spectacle, de projeter une vie un peu plus légère. L'appel du Premier ministre nouvellement nommé tombe donc à contre-courant de tout ce qu'il avait prévu.

Il décrit l'hésitation, mais courte. L'homme qui a passé sa vie à plaider pour les autres mesure vite ce que représente un refus : la peur, le confort, le renoncement. Dire non, c'est rester à l'abri. Dire oui, c'est accepter d'être exposé, détesté, scruté. Pour quelqu'un qui a fait de l'audace son métier, le calcul penche d'un seul côté. Il raconte avoir pensé à son père, immigré italien, mineur, à ce que signifierait pour cette mémoire familiale le fait de devenir ministre de la République.

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02

Chapitre 2 — L'avocat dans le fauteuil de ses adversaires

Entrer place Vendôme, pour Dupond-Moretti, c'est franchir une frontière qu'il a passé sa carrière à regarder depuis l'autre rive. Il connaît chaque rouage du procès pénal, mais toujours en position de contestation. Le voilà soudain responsable de l'institution, comptable de ce qu'elle produit, obligé de défendre des choix qu'il aurait démolis en plaidoirie. Le changement de point de vue est vertigineux, et il ne cache pas que le fauteuil de ministre est bien plus inconfortable que le box de la défense.

Il raconte la découverte d'un monde administratif qu'un avocat ignore largement : les cabinets, les notes, les arbitrages interministériels, la lenteur, les mots pesés au milligramme. L'homme habitué à improviser devant un jury doit apprendre un langage où une phrase mal placée devient une affaire d'État. Lui qui tutoyait les salles d'audience se heurte à une mécanique où la spontanéité est un danger. Le récit garde pourtant son franc-parler, cette manière de dire les choses crûment qui a fait sa réputation et que le costume ministériel ne parvient pas à éteindre.

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03

Chapitre 3 — Les premiers mois sous le feu

Le ministère n'accorde pas de période de grâce. Dupond-Moretti décrit un début de mandat où les crises s'enchaînent, où les critiques fusent de tous côtés, et où son passé d'avocat ressurgit à chaque décision. Chaque dossier sensible devient l'occasion de lui rappeler d'où il vient. On guette la contradiction, on cherche le conflit d'intérêts, on compare le ministre d'aujourd'hui au ténor d'hier. Il vit cette surveillance permanente comme une mise à l'épreuve destinée à le faire trébucher.

Il porte malgré tout des chantiers qui lui tiennent à cœur. La réforme de la justice, la volonté de rendre les procédures plus lisibles, la défense d'une présomption d'innocence qu'il juge trop souvent bafouée par la pression médiatique. Il revient sur sa méfiance envers le tribunal de l'opinion, cette justice parallèle qui condamne dans les journaux avant tout verdict. Ayant lui-même défendu des accusés lynchés avant le procès, il connaît le prix de l'emballement collectif, et il entend en faire une bataille de ministre.

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04

Chapitre 4 — Quand l'accusé devient le juge de sa propre cause

Au-delà du récit d'un homme propulsé au gouvernement, J'ai dit oui ! est le livre d'une certaine idée de la justice, celle que Dupond-Moretti traîne depuis les premières assises jusqu'au fauteuil de ministre. Cette idée tient en une conviction simple : la justice est rendue par des humains faillibles, et son premier danger est de se croire infaillible. L'erreur judiciaire, pour lui, n'est pas une anomalie rare mais une menace permanente contre laquelle tout le système devrait se prémunir en doutant de lui-même.

De cette conviction découle sa méfiance de toujours envers la certitude. L'avocat a vu des accusés que tout accablait et qui étaient innocents ; il a vu l'opinion réclamer des têtes, la présomption d'innocence piétinée, la rumeur transformée en vérité. Devenu garde des Sceaux, il transporte cette expérience au sommet de l'État. Sa fidélité à la défense n'est pas une nostalgie de métier, c'est une philosophie : une justice qui fonctionne est une justice qui se laisse contredire, qui accepte qu'on la mette en difficulté, qui préfère libérer un coupable qu'enfermer un innocent.

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05

Conclusion

Au bout du compte, J'ai dit oui ! raconte comment un homme dit oui à ce qu'il avait toute sa vie contesté, sans renoncer à ce qui le faisait contester. Le coup de fil de juillet 2020 n'a pas transformé l'avocat en magistrat docile ni en politique assagi. Il a plutôt installé le pénaliste au cœur de la machine, avec ses certitudes, ses doutes et surtout cette méfiance obstinée envers toute justice qui s'estime au-dessus de l'erreur. Le ministre reste l'homme du barreau, et c'est tout l'enjeu du livre.

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