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Great at work

Great at work

Morten Hansen

Faire moins, mais de façon obsessionnelle

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Description

Il y a une question qu'on n'ose pas trop poser au bureau, parce qu'elle sonne comme un aveu : pourquoi certains collègues abattent un travail remarquable en partant à dix-huit heures, pendant que d'autres s'épuisent, restent tard, répondent aux mails le dimanche — et rendent, au final, du solide sans plus. On a longtemps expliqué l'écart par le talent, l'ambition, ou le nombre d'heures. Un professeur de management, Morten Hansen, a voulu vérifier. Pas à coups d'intuition ni d'anecdotes de dirigeants charismatiques, mais avec des données.

Pendant cinq ans, avec son équipe, il a suivi et mesuré la performance de cinq mille salariés et managers, dans des secteurs très différents, en croisant leurs résultats réels avec leurs façons de travailler. L'idée était de trouver ce qui séparait vraiment les meilleurs des autres — pas ce qu'ils racontaient d'eux-mêmes, mais ce qui, statistiquement, faisait la différence. Le livre qui en sort, Great at Work, publié en 2018, tient dans une phrase contre-intuitive : les plus performants ne font pas plus. Ils font moins, et s'y accrochent avec une intensité que les autres n'osent pas.

C'est un renversement inconfortable. Il va à l'encontre de tout ce que la vie de bureau récompense en apparence : la disponibilité, le volume, la capacité à jongler avec dix dossiers. Hansen ne vend pas une méthode miracle ni une injonction à ralentir. Il décrit ce que font, concrètement, les gens que ses chiffres désignent comme excellents — et ce qu'ils refusent de faire.

La question que l’on se pose : Qu'est-ce qui sépare vraiment les personnes très performantes des autres, quand on mesure au lieu de deviner ?Ce que l’on va voir : Les résultats d'une enquête de cinq ans sur ce que font, et ne font pas, ceux qui excellent au travail.

Sommaire

01

Chapitre 1 — Cinq mille personnes et une question mal posée

Hansen n'est pas venu à cette enquête par hasard. Jeune consultant chez Boston Consulting Group, il travaillait à côté d'une collègue, Natasha, qui rendait un travail nettement meilleur que le sien en passant beaucoup moins de temps au bureau. Lui accumulait les heures et transpirait ; elle partait tôt et livrait mieux. L'écart l'a hanté pendant des années. Devenu chercheur, il a décidé d'en faire un objet d'étude plutôt qu'une frustration — quitte à découvrir que sa propre stratégie, l'effort brut, était précisément la mauvaise.

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Le problème classique de ce genre de question, c'est qu'on interroge des vedettes du succès et qu'elles racontent, après coup, une belle histoire cohérente. Le survivant du succès attribue toujours sa réussite à ce qui l'arrange. Hansen a voulu éviter ce biais. Son équipe a construit un protocole rigoureux : un panel de cinq mille salariés et managers, choisis pour représenter une vraie diversité de métiers et de niveaux, dont la performance était évaluée non par leur propre déclaration mais par leurs supérieurs, leurs collègues, des indicateurs concrets. On mesure d'abord qui réussit, on regarde ensuite comment ils travaillent — l'ordre inverse de la plupart des livres de management.

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02

Chapitre 2 — Faire moins, mais s'y consacrer entièrement

Hansen appelle ce principe « faire moins, puis s'obséder ». Les deux moitiés comptent autant l'une que l'autre. Faire moins sans l'obsession, c'est de la paresse déguisée. S'obséder sans avoir d'abord réduit, c'est se disperser à haute intensité. Les performants combinent les deux : ils resserrent leur champ d'action à un très petit nombre de chantiers, puis y appliquent une exigence et une attention que les autres, occupés partout, ne peuvent pas se permettre.

La partie difficile n'est pas de choisir sur quoi se concentrer. C'est de renoncer à tout le reste. Dans les organisations, la tentation est inverse : on accepte les projets pour être vu, on répond aux sollicitations pour ne froisser personne, on garde toutes les portes ouvertes. Hansen montre que cette largeur a un coût invisible mais massif. Chaque tâche supplémentaire dilue l'attention disponible pour les autres. Le collègue qui suit dix dossiers n'en mène aucun avec la profondeur nécessaire pour vraiment se distinguer.

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03

Chapitre 3 — Redesigner le travail au lieu d'accumuler les tâches

Une fois le champ resserré, encore faut-il travailler intelligemment à l'intérieur. Ici, Hansen s'attaque à un réflexe très répandu : croire que s'améliorer, c'est en faire toujours plus dans la même direction. Les performants, eux, ne se contentent pas de répéter mieux. Ils repensent la tâche elle-même, cherchent la valeur qu'ils créent réellement plutôt que le volume qu'ils produisent. Il oppose la question « combien j'ai fait ? » à la question « quelle valeur j'ai créée ? » — et montre que la seconde change tout, y compris dans des métiers où le volume semble être le seul juge.

Il illustre avec le cas d'une enseignante dont les élèves progressaient nettement plus que la moyenne. Elle ne travaillait pas plus d'heures que ses collègues. Elle avait redessiné sa façon de faire cours : moins de contenu déversé, plus de retours ciblés sur ce que chaque élève ne comprenait pas. Elle avait remplacé l'effort brut par un effort mieux placé. Le résultat n'était pas une question de temps, mais de conception du travail — la même heure, dépensée autrement, produisait un tout autre effet.

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04

Chapitre 4 — La passion, oui, mais avec un but

Reste une question que le renversement de Hansen laisse en suspens : si les performants font moins, d'où vient l'intensité qui les fait tenir sur ce peu ? La réponse tient dans un couple qu'il examine de près : la passion et le sens. Le conseil habituel — « suis ta passion » — le laisse méfiant. Ses données montrent que la passion seule, cette énergie qui vient de l'excitation à faire quelque chose, peut mener droit dans le mur si elle n'est reliée à rien. On peut être passionné et improductif, passionné et épuisé.

Ce qui distingue les excellents, c'est l'alliance de la passion et de la contribution : le sentiment que ce qu'on fait sert quelque chose au-delà de soi, que ça compte pour d'autres. Quand les deux se rencontrent, l'énergie ne se disperse pas et ne s'use pas comme l'enthousiasme pur. Hansen montre que ceux qui trouvent cette combinaison surpassent nettement ceux qui n'ont que la passion — et de très loin ceux qui n'ont ni l'une ni l'autre. Le sens n'est pas un supplément d'âme ; c'est un carburant mesurable, qui apparaît noir sur blanc dans les écarts de performance de son échantillon.

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05

Conclusion

L'histoire était partie d'une frustration ordinaire : une collègue qui rendait mieux en travaillant moins, et un jeune consultant qui n'y comprenait rien. Cinq ans de données plus tard, Hansen a une réponse qui n'a rien de mystérieux. Natasha ne cachait pas un talent surnaturel. Elle avait fait, sans forcément le nommer, ce que les meilleurs de son échantillon font : réduire leur champ à l'essentiel, s'y consacrer avec une exigence obsessionnelle, repenser la tâche plutôt que de l'alourdir, et relier leur intensité à quelque chose qui compte.

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